Bonjour mes délicieux amis et bienvenue chez le Dandy Meeple !
Ce Noël a été ludiquement riche pour moi, notamment grâce à la belle surprise de recevoir ce jeu de Deck Building coopératif dont j’ai tant entendu parler : Aeon’s End : War Eternal.
Il s’agit ici d’une extension au jeu Aeon’s End, mais également d’un « Stand Alone ». Comprenez donc que la boîte se suffit à elle même pour jouer. Le but étant d’incarner plusieurs combattants mystiques maîtrisant la magie des « brèches », une sorte de portails vers une dimension magique, afin d’anéantir une entité monstrueuse et ses sbires tentant de réduire à l’état de ruine votre ville : GraveHold.
Démarrant avec un un personnage doté d’un plateau de jeu, d’un pouvoir et d’une capacité unique, vous devrez, à l’aide de votre deck, puiser l’essence de différentes gemmes (l’Éther) afin de préparer vos sorts, acquérir de nouvelles gemmes, reliques et incantations plus puissantes.
En pratique ?
Le jeu est extrêmement facile à aborder tant dans son installation qu’au cours de la partie. Des cartes spécifiques dites « randomizer » représentent toutes les cartes dont les héros auront besoin au cours de la partie. Choisissez ou tirez au hasard 3 gemmes, 2 reliques et 4 sorts, Hop le tour est joué vous avez créé la réserve pour la partie.
Après avoir défaussé les cartes utilisées, lorsque notre pioche est vide, on retourne simplement la défausse qui devient une nouvelle pioche, sans la mélanger. C’est là que réside le génie de ce jeu : Vous pouvez prévoir l’ordre dans lequel vous tirerez vos cartes. Plus la partie avance, plus votre deck s’enrichit, jusqu’à tripler de volume. C’est alors que l’on se confronte à la difficulté d’avoir un deck trop plein : nos cartes maîtresses sont diluées dans la masse de celles de départ, aussi interviennent les capacités de certains sorts ou objets à purger notre deck.
Il faudra également faire le choix de « concentrer » la puissance de vos brèches jusqu’à pouvoir les ouvrir, ce qui octroie au combattant des bonus aux dégâts des sorts, ainsi que la capacité de stocker des sorts préparés pour les lancer au bon moment.
Enfin, gardez à l’esprit que ce jeu coopératif voit l’ordre des tours définis aléatoirement par un deck de carte spécifique. A 2 joueurs, chacun jouera 2 fois, idem pour le Némésis, mais ne connaissant jamais à l’avance l’ordre des tours, toute la stratégie mise en place au tour précédent peut s’effondrer par un ordre de tour désavantageux !
Le jeu réside donc dans un savant mélange entre l’accumulation de ressources clés, le positionnement de ces dernières dans la défausse, et la régulation des cartes de son deck. Ce faisant, il faudra résister aux assauts des monstres, à leurs attaques, leurs pouvoirs, en évitant de perdre les points de vie de notre ville ou de tous les héros, sonnant le glas de la défaite.

Le Matériel ?
Je me suis renseigné sur les différences entre Aeon’s End et AE : WE, la plus flagrante étant une refonte totale du style graphique et des composants du jeu. Aussi aujourd’hui, cette boîte propose des brèches et jetons en carton épais, des plateaux de jeux en carton fin à la belle finition mat, mais surtout des cartes à effet « gloss » très agréables à regarder comme à tenir en main. Les illustrations de Scott Hartman – Gong Studios sont variées mais tournent autour du thème récurrent des gemmes et cristaux . Plutôt colorées on reconnait et apprécie nos personnages canalisant les différents sorts sur les cartes de ce type. Cependant, le compteur de point de Vie de GraveHold est très sombre, ce qui rend les détails quasi inexistants, un petit bémol certes, mais qui surprend compte tenu de la qualité du reste du matériel. La boîte, enfin, prévue pour ranger intégralement le contenu de AE ainsi que de ses extensions, offre un petit plus aux fans de la saga qui auront fait l’acquisition de tout le contenu édité par Indie Boards & Cards.

Rangement

De nombreuses cartes bien triées grâce aux dividers
La Rejouabilité?
Vous l’aurez compris, elle semble bel et bien être au rendez vous ! Avec un lot de cartes important pour renouveler le « marché » des joueurs en cours de partie, le nombre de héros avec chacun leurs capacités uniques, vous pourrez varier vos parties pour faire face aux 4 rencontres des Némésis, ou initier sans lassitude vos amis à ces affrontements.
Je regrette, cependant, l’absence de diversité dans le deck d’attaque du monstre. En effet, ce dernier ne dispose que de peu de cartes auxquelles on finit par s’habituer, et cela ne semble pas être compensé par les quelques cartes spécifiques aux Némésis. A noter que les chanceux qui ont pu porter le projet Kickstarter de ce jeu, se voient gratifiés de nombreux héros, Némésis et cartes supplémentaires, ce qui rendra leur expérience encore plus riche.

En Conclusion ?


Aeon’s End : War Eternal m’a bluffé de par la qualité de son matériel et par sa mécanique simple à comprendre mais complexe à maîtriser. Après une défaite, on se jette dans une nouvelle partie afin de corriger le tir de nos erreurs (deck trop gros, ou au contraire trop petit), et il est agréable de noter que ce jeu peut se jouer vraiment rapidement une fois qu’on l’a pris en main !
N’étant pas familier des Deck Building, mais plutôt des Draft Games, j’ai pris grand plaisir à m’immerger dans les sombres profondeurs de GraveHold, en manipulant de magnifiques cartes et combattant à coup d’éclair, de novas et autres puissants pouvoirs un géant ver dévoreur de cités.
Je vous le recommande les yeux fermés, pour peu que vous soyez anglophile, car hélas ce jeu n’est pas édité en français. Cependant, un anglais moyen permet facilement de comprendre les règles et les pouvoirs.


Philibert

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