Délicieux spectateurs et autres passionnés de cirque, d’illusions et de sensations fortes approchez, APPROCHEZ !

Je serai ce soir votre hôte, DandyLoyal, dévoué à votre plaisir et à votre émerveillement tout au long de ce spectacle étonnant que nous offre le dernier jeu des éditions Matagot : 

The Magnificent.

Je tiens à les remercier chaleureusement pour l’envoi de ce jeu à tester et dont je vais pouvoir vous parler plus en détail !

Je vous invite donc à prendre place, éteindre vos téléphones portables (sauf si vous lisez cet article sur votre smartphone), le spectacle va commencer !

La Mécanique

The Magnificent est un jeu de planification plongé dans un univers forain. Incarnant un Monsieur Loyal, vous devez entreprendre différentes actions au cours des 12 tours répartis sur les 3 manches que dure la partie. Il vous faut construire vos différents chapiteaux pour recevoir votre audience, mais également recruter des talents à produire en les mettant à l’affiche, car que serait un chapiteau vide de spectacle. Vous Partez également en itinérance afin de récolter des effets spéciaux nécessaires à certaines représentations.

Un plateau de joueur après quelques tours

Quatre cartes “Maître” sont à votre disposition à chaque manche afin de planifier vos actions  et d’obtenir des bonus. Lors d’un tour, le premier joueur choisit un dé du chapiteau principal pour le déposer sur l’une de ses cartes, activant alors le bonus associé, puis il utilise la valeur de ce dé afin d’évaluer le nombre de cases dont sa carriole se déplace, ou le type de chapiteau qu’il pourra construir dans son campement, ou encore le nombre de spectacles qu’il pourra produire en même temps. Lors des tours suivants, si vous prenez un dé d’une couleur que vous avez déjà choisi, ou un dé transparent (joker) vous additionnez la valeur de tous ces dés, ce qui augmente drastiquement vos déplacements, constructions ou productions.

les dés blancs s’additionnent avec une couleur de votre choix

Cependant soyez vigilent, à la fin de la manche, vous devez payer les factures dont le montant s’élève à la somme de vos dés de couleur identique et joker la plus importante.

La puissance a du bon mais elle coûte !

Au terme d’une manche, vous piochez puis défaussez une nouvelle carte Maître en bénéficiant cette fois du bonus de score (dans la partie inférieure de la carte) que vous estimez le plus rentable.

Des jetons Talents s’activent avec vos pions de talent à débloquer par différents moyens, afin d’obtenir des avantages ou modifications de règles temporaires optimisant votre stratégie.

Le plan du campement. Au travail pour monter les chapiteaux et débloquer des bonus

La partie création de campement est intéressante car elle demande de remplir une grille de 9 rectangles  subdivisée en petite cases dont certaines vous octroient des avantages en point de victoire, en argent ou en effet spécial lorsque vous les recouvrez. “Les bâtiments” sous forme de polyminos doivent être placés judicieusement afin de débloquer les bonus qui vous intéressent tout en essayant de compléter les rectangle pour quelques points de victoire supplémentaires en fin de partie.

Les spectacles à l’affiche nécessitent des chapiteaux pour leur représentation

Pour produire un spectacle à l’affiche et donc remporter encore plus de points de victoire, il vous faut une structure adéquate, une sorte de liste de bâtiments et ressources pré-requis. Aussi votre construction de campement doit prendre en compte les besoins de vos artistes à l’affiche, sous peine de ne jamais pouvoir les voir se produire devant une audience.

Bien que j’ai trouvé compliquée l’assimilation des mécaniques par rapport aux thème exploité par ce jeu, il faut reconnaître qu’une fois dans la partie après un premier tour, tout s’enchaîne avec simplicité et fluidité. Les actions à entreprendre sont suffisamment courtes à réaliser pour se retrouver parfois bloqué par la réflexion stratégique de notre adversaire, mais en bons calculateurs, vous profiterez sans doute de cette accalmie pour peaufiner votre propre stratégie.

Réaliser 4 actions par manche se révèle parfois trop peu et frustrant. Lorsque commencent à se profiler quelques combinaisons intéressantes, on réalise qu’il nous manquera une ou deux actions pour les potentialiser.

Le Matériel et les Illustrations 

Si ce jeu se révèle riche en programmation et en manière d’obtenir des points de victoire, je trouve à regret que The Magnificent ne brille ni par son thème ni par son design. 

un plateau sombre qui ne fait pas la part belle aux illustrations…

En premier lieu, le jeu est très sombre. Peut être l’idée était elle d’évoquer l’ambiance calfeutrée sous un chapiteau, cependant cela rend l’arrière plan du plateau ni utile ni esthétique. Le choix du design graphique et de la police m’évoque un thème de magnats de la finance fin XIXème début XXème siècle, à la Great Gatsby. Je ne perçois pas la cohérence avec le thème choisi. 

un peu de contraste dans cet univers monochrome

L’ensemble du matériel est trop sombre, mais contraste avec les éléments mis en lumière sur les affiches ce qui donne un aspect légèrement prestigieux ou spectaculaire. Outre ces cartes, je trouve les illustrations sont fades.

peu de places pour les illustrations des cartes …

Les Polyminos sont de petite taille, ce qui ne rend pas aisée l’interprétation de leurs illustrations, à tel point qu’en cours de partie nous en arrivions à dire “je pose un petit violet et un grand orange” au lieu de les appeler pour ce qu’ils sont : des campements.

Les dés et les pions sont quant à eux de bonne taille, un peu recherché dans le cas du pion chapeau, mais somme toute très simple.

Un autre point que je regrette : l’éclatement de la zone de jeu. En effet dans un jeu de programmation avec de nombreux lieu d’interaction, il est plus confortable de tout avoir relativement centré afin d’avoir un aperçus sur l’ensemble des possibilités. Dans The Magnificent, il faut ballader son regard à travers un très grand plateau, puis sur son plateau joueur, sur ses affiches , sur ses cartes maître …. Je ne trouve pas le jeu suffisamment ergonomique.

En Conclusion 

Vous avez tous connu un jeu dont vous avez apprécié la qualité mécanique tout en le trouvant peu attirant visuellement. Je ne citerai aucun nom puisque chacun possède ses propres attentes en matière de design, mais pour moi The Magnificent en fait clairement partie.

Mon expérience sur le jeu est assez trouble, voire ambivalente. Le boulier humain en moi a très envie de refaire plusieurs parties afin d’optimiser mes coups pour obtenir un score toujours plus important, mais le manque d’ergonomie du jeu ainsi que l’impossibilité pour moi à me laisser pénétrer par son thème que je trouve inadapté et son design qui me rebute encore plus me donne le sentiment qu’y rejouer s’apparente plus à une corvée qu’à un plaisir.

Je trouve cela fort dommage car il propose d’excellentes mécaniques à travers ses nombreuses aires de jeu, cependant je connais aujourd’hui d’autres pépites ludiques de programmation qui font aussi bien voire mieux tout en ayant parfaitement intégré la mécanique à son thème.

Testez le si l’occasion se présente, peut être serez vous conquis par ce qu’il pourra vous proposer, d’autant qu’il ne s’agit pas de lourde programmation pour joueurs experts de la première heure, il s’avère abordable pour des joueurs habituels, peut être un peu complexe pour des joueurs de type familiaux occasionnels.

En tout cas je ne me suis pas senti époustouflé par le spectacle auquel il m’a été donné l’opportunité d’assister.

Retrouvez ce jeu sur Philibert.