Bonjour délicieux chevaliers et sorcières fantastiques ! 
En ces préparatifs de la célèbre nuit d’Halloween, avec vous envisagé revêtir votre armure rutilante ou vos affreuses guenilles. Que diriez vous également d’explorer les tréfonds de sombres catacombes ?
Il ne faudra pas laisser la peur s’installer car un combat de pichenette épique vous y attendra !


Voici une expérience peu commune (du moins dans ma ludothèque) qui m’est offerte par la générosité de mes délicieux amis de chez Nut’s Publishing, avec le jeu : A la conquête des Catacombes.


Je n’ai jamais eu l’occasion d’écrire un article sur un jeu de ce type auparavant, mais ne reculant jamais devant l’inconnu, je m’essaye pour vous l’expérience !

La Mécanique :


 Avant de parler du jeu plus en détail, permettez moi de poser les bases de ce qu’est un jeu de pichenette. Il s’agit d’une expérience ludique où la mécanique principale consiste à faire glisser un pion plat (comme un palet de hockey) vers sa cible, par une simple extension d’un doigt.

Je vous offre ma plus belle pichenette!


Cela pourrait s’apparenter en quelque sorte au cousin germain des jeux de billes de notre enfance (avant l’apparition des smartphones, souvenez vous). 

j’ai rétréci l’arène pour les besoins de la photo. Elle peut être deux fois plus grande.


Dans « A la conquête des catacombes », un jeu pour 2 à 4 joueurs, vous emploierez votre dextérité à faire glisser différents types de jetons dans une arène délimitée par des murs représentant un donjon lugubre. Mais pas n’importe comment, cela serait trop facile.

De gauche à droite, vous devez vous déplacer, faire un attaque de mêlée puis vous déplacer de nouveau. Sur la seconde, une attaque de mêlée puis un tir de missile et un déplacement. En second lieu vous réalisez l’action.

Le jeu propose deux decks dont les cartes offrent une chaîne d’action à mettre en place en plus de puissants pouvoir conférés par des alliés plus ou moins improbables. Chacun joue, à tour de rôle, une carte en appliquant l’intégralité de la chaîne d’action. 
Vous pouvez donc vous déplacer, attaquer au corps à corps, tirer à l’arc, envoyer une boule de feu, propulser de petits missiles, ou sortir l’armement lourd en envoyant une vague d’énergie destructrice.

Les différents pions héros, attaque et obstacles.


Chacune de ces attaques fait appel à un pion de taille et poids différent, demandant une adresse non négligeable pour percuter le jeton personnage adverse sans toucher d’obstacle.
La première équipe à perdre l’intégralité de ses points de vie, ou à ne plus pouvoir jouer une carte action lorsque cela lui est demandé perd la partie.


Voilà donc une mécanique bien simple pour un jeu qui l’est tout autant, mais qui se voit affublée d’un petit plus avec les cartes Alliés, offrant parfois de puissants avantages. J’apprécie le fait qu’après son tour de jeu, un joueur peut déplacer un jeton obstacle de sorte à se mettre à couvert ou à bloquer les trajectoires de son adversaire.


Cependant j’ai remarqué que la finesse cédait souvent la place à la brutalité lorsqu’en fin de tour, les joueurs projettent sans vergogne ces énormes obstacles contre les ennemis en les acculant dans un coin de l’arène, rendant leur tour suivant tout simplement ignoble.
Je vois là une faiblesse qui gâche malheureusement le plaisir du jeu tactique en créant une frustration peu appropriée à un jeu enfantin.


Le Matériel et les Illustrations :


Le matériel est assez simple en soi, quelques jetons en bois colorés, des cartes et de grands murs illustrés, supportés par des plots en plastique.

Le style artistique est clairement assumé mais je ne comprends pas le mélange des thèmes employés


Les illustrations quant à elles m’ont clairement laissé de marbre. Je les trouve trop peu thématiques, perdues entre une légère inspiration steampunk et un ersatz de fantasy. Elles ne me plaisent pas, tout en me rappelant la DA très naïve et « subjectivement pas du tout ma tasse de thé » du jeu Paper Tales.

Désolé mais je ne vois nulle part un mage berserker sur cette image… juste un combattant

Le jeu propose également dans le livre de règle l’achat optionnel d’un tapis de jeu (probablement en tissus ou néoprène) afin de décorer votre donjon tout en offrant un « meilleur confort de jeu » (je cite le livre).

Pour avoir essayé de jouer sur différents supports, je confirme que la présence d’un tapis néoprène est de loin la meilleur configuration pour jouer. Sur une table en bois ou en verre, les pions ne glissent pas suffisamment. Certes tout n’est qu’une question de dosage de votre force lors du geste, mais je trouve aberrent que ce tapis ne soit pas d’office dans la boîte de jeu, quitte à en augmenter le prix.

les impressions recto-verso c’est pratique, mais quand c’est mal réfléchi, ça ne permet aucune continuité du décor…


En Conclusion :


Cette découverte du principe du jeu de pichenette m’a ouvert les yeux sur les raisons pour lesquelles je n’en ai pas dans ma ludothèque. Je ne trouve pas cela très amusant.
En plus d’être un mauvais client de cette catégorie de jeu, je me dois de mettre en avant des illustrations étranges et qui semblent peu thématiques (à défaut de peu réfléchies).

Le concept des cartes à pouvoirs, dont certaines peuvent vous protéger d’attaques ennemies sont bien pensées, mais le reste du jeu souffre de possibilités d’anti-jeu avec le blocage dans les angles du terrain qui me laissent supposer que l’intérêt premier de vos enfants pour cette expérience, risque fort de se transformer en cris de rages et en « Flip the Table ». Je n’ai définitivement plus l’âge de jouer au billes, mais la bonne nouvelle à en tirer c’est qu’à l’avenir, je chercherai à être transformé et épaté par un jeu de pichenette plus mature (et ce sans alcool).

Retrouvez ce jeu sur Philibert.