Délicieux amateurs de sensations fortes, d’exotisme et d’occulte, n’ayez crainte, entrez et étanchez votre soif de curiosité dans notre magnifique fête foraine !

Au menu de la soirée, nous vous proposons une enquête au sein même de notre parc. Saurez vous trouver le coupable du meurtre de notre bien aimé chef de troupe ? Découvrirez-vous le lieu où le méfait a été accompli ?

Il faudra ajuster votre sensibilité au paranormal si vous souhaitez que l’âme du défunt puisse communiquer avec vous pour vous offrir des indices !

Voici en exclusivité pour vous ce soir mon retour d’expérience sur le jeu Mysterium Park édité chez Libellud et généreusement envoyé par Asmodée que je remercie chaleureusement !

La Mécanique :

Mysterium Park est une revisite simplifiée, tant au niveau des règles que du matériel, de son prédécesseur Mysterium.

Dans cet Opus, vous incarnez de nouveau des médiums venus élucider le crime du maître des lieux vous conduisant cette fois dans un parc forain. Comme auparavant, l’un des joueurs doit incarner le spectre qui transmet aux autres des indices visuels à base de cartes illustrées. Ces illustrations sont choisies de sorte à évoquer soit des éléments, soit des couleurs ou des thèmes en lien avec les différents suspects présents sur le plateau de jeu.

Le foisonnement de détail demande vigilance et attention

Contrairement à une création aléatoire en piochant des cartes personnages / lieux / objets, le fantôme tire des cartes de répartition sur lesquelles se trouvent des marqueurs colorés indiquant quel personnage est innocent pour tel joueur.

Cette carte indique au fantôme quel personnage doit découvrir chaque joueur selon sa couleur

Le fantôme ne dispose que de 7 cartes par pour aider les investigateurs, aussi doit-il choisir avec réflexion et précision celles qu’il distribue. Heureusement, des tickets lui permettent de refaire sa main à trois reprises afin de diminuer le risque d’induire ses comparses en erreur.

En utilisant cette carte, le fantôme espère que le joueur trouvera le lien entre l’arme à feu, les balles et la cible du personnage

Une nouveauté du jeu par le témoin apporte une sorte de joker aux joueurs. En effet, lorsqu’un ou plusieurs joueurs posent leurs jetons d’intuition sur ce personnage, il est retiré de l’équation et permet à chacun de retenter sa chance au cours de la même manche.

Une fois que chaque médium a identifié “son” innocent, une nouvelle manche demande d’écarter les lieux où n’ont pas été commis le crime. On procède de la même manière que pour les innocents.

Si tous les joueurs parviennent à trouver les personnages et lieux à écarter en moins de 6 manches, alors on passe à la déduction finale. Les suspects et lieux des cartes de répartition qui n’étaient pas associés à une couleur de joueurs sont remis sur le plateau de sorte à ce qu’un lieu et un personnage soient mis en couple.

Dès lors un dernier round de cartes indices est distribué aux médiums pour les aider à trouver le coupable et le lieu du crime.

Étant habitué du jeu Mysterium sur lequel j’ai passé de nombreuses heures, sa variante miniature “Park” s’est avérée dans un premier temps assez déroutante. En effet, dans le premier opus, le fantôme créait une combinaison par joueur de cartes regroupant un suspect, un lieu et une arme du crime. En fin de partie les joueurs doivent définir l’association gagnante parmi tous les suspects, ce qui m’a toujours dérangé d’un point de vue logique : pourquoi traquons-nous plusieurs suspects parmi tous personnages disponibles si nous n’en choisissons qu’un au final ?

Grâce à Mysterium Park la logique reprend un peu plus de sens puisqu’au lieu de trouver des suspects, nous cherchons des innocents à écarter de la déduction finale. Cependant je trouve assez dommage que la combinaison gagnante ne soit qu’une succession aléatoire de placement des cartes. Concrètement, peu importe qui vous mettez à quel endroit du plateau, le jeu vous explique clairement que c’est la colonne 1, 2 ou 3 qui sera la bonne. Même si cette méthode rappelle en partie le jeton révélant la bonne combinaison en fin de partie par le fantôme dans Mysterium premier du nom, un petit quelque chose me gêne.

Un second point assez dommage est la disparition de l’arme du crime. Certes Mysterium Park se veut une version simplifiée et plus courte que son prédécesseur, cependant ne pas prendre en compte l’arme du crime dans un “meurtre”, mais ne se reposer que sur un coupable et un lieu prive l’enquête d’une certaine saveur. À trop vouloir en retirer, on finit par en perdre son authenticité bien que l’essence du jeu soit conservée. Pourquoi ne pas se contenter du coupable dans une 3ème version ?

Le Matériel et les Illustrations :

une petite boîte bien remplie avec un insert intelligent

Rien à redire pour cette petite boîte à laquelle le même soin a été apporté que pour la grande. J’irai même plus loin en soulignant la prédominance du thème de la fête foraine est clairement bien retranscrit, mais surtout les illustrations sont d’une qualité et d’une finesse vraiment impressionnante. 

les lieux somptueusement illustrés vous feront voyager

Bien que dans l’ensemble j’ai trouvé plus complexe de réaliser des association de thème ou genre entre les illustrations et les personnages / lieux, les dessins sont de toute beauté et d’une originalité sans cesse renouvelées. Si je trouvais les cartes du premier opus oniriques, celles-ci sont immersives à souhait ! Du grand art de la part des illustrateurs.

ces splendides illustrations feront appel à votre imagination

En Conclusion :

Bien que demeurant un très bon jeu dans son essence, je trouve que la réduction de contenu de Mysterium Park ne lui apporte rien le rendant plus attrayant que son grand frère. La perte de notion d’arme du crime dans une enquête criminelle m’apparaît comme un non sens au profit d’une économie matérielle et d’un gain de temps de jeu. Pourtant quand on aime on ne compte pas ! De même que le thème du parc forain, bien que magnifiquement retranscrit dans son ensemble, me semble relativement inapproprié à ce type de jeu. Quand je pense à ce genre d’ambiance, j’y associe la fête ou l’épouvante, pas une enquête de médiums sur un meurtre, contrairement à une soirée spiritisme dans un manoir en pleine nuit …

L’ensemble du jeu reste très beau et bien évidemment plus raccourci en temps de jeu et gagne en clarté quant à la compréhension des règles, mais je lui préfère encore sa version que l’on pourrait presque catégoriser de luxe, plus longue, plus complète et plus adaptées thématiquement.

Retrouvez ce jeu sur Philibert.