Délicieux Amis bonjour et bonne année 2021 ! Je vous souhaite de faire les bons choix et de croiser les bonnes personnes pour faire de ce nouveau cycle terrestre l’un des plus épanouissants de votre vie!

Mon premier article de l’année sera donc consacré à un jeu localisé par Funforge vers début 2021 et que je remercie pour m’avoir permis d’y jouer en avance. La date de parution dans les boutiques sera communiquée ultérieurement par l’éditeur.

Expédition à Newdale d’Alexander Pfister, est ce que je qualifie de « bon gros jeu à l’allemande ». Une Direction Artistique nous ramenant sur les terres germaniques d’il y a 30 ans, proposant de la gestion de ressources et beaucoup de « jeu dans sa tête ». Quelques petits plus sont néanmoins proposés par l’ajout d’une campagne scénarisée à suivre en solo ou jusqu’à 4 joueurs.

Ce jeu est une suite plus évoluée de la gamme Oh My Goods! du même auteur.

Vous devez préparer une expédition en partance pour … dans le cadre d’une mission diplomatique ou militaire avec des …! Vous n’avez tout de même pas cru que j’allais vous Divulgâcher l’intrigue!

La Mécanique :

Expédition à Newdale vous plonge donc dans la peau d’une sorte d’entrepreneur qui va créer des bâtiments de production de diverses ressources aux valeurs marchandes préétablies, afin de faire fructifier son affaire tout en essayant de remplir les objectifs imposés par la Couronne.

l’installation du plateau pour 2 joueurs, avec le plateau joueur orange

Vous démarrez votre aventure avec une mine de charbon et 2 actions par tour, ce qui peut sembler peu pour des parties de 7 manches. Plusieurs actions sont mises à votre disposition soit sur votre plateau personnel, favorisant la production de vos bâtiments, ou sur le plateau commun, permettant le déblocage de contraintes de votre plateau personnel, des gains d’actions supplémentaires ou encore un rafraîchissement des cartes de votre main.

votre premier bâtiment produit du charbon et démarre avec 5 unités de valeur 1

Dans l’essence, chaque ressource représentée sur un établissement de production possède une valeur en or prédéfinie, mais il n’existe à proprement parler pas d’or dans ce jeu. En effet les achats se réalisent sous forme de troc de valeur.

La production de ressources peut être demandées avec différents degrés de qualité, ce qui en terme simple augmente le nombre de ressources acquises par un joueur tout en augmentant la difficulté à réussir une production. Car en effet, il s’agit d’une sorte de pari : produire une ressource demande de faire appel à un certain nombres d’assistants de différents types : jaunes, verts, rouges et bleus. Ces derniers tirés au hasard dans un sac viennent compléter le nombre d’assistants disponibles à tous les joueurs présentés sur une carte événement tirée à chaque début de tour. CEPENDANT, les nouveaux assistants sont tirés APRÈS que vous ayez planifié vos actions ! Il y a donc une certaine part de hasard dans ce jeu.

La filature produit des pelotes de laine de valeur 3, la mine du fer de valeur 2, alors que la tisseranderie produit des biens de valeur 5 difficiles à obtenir et cher en chaînage

Par la suite, une autre technique de production bien plus intéressante et prévisible nommée « chaînage » vous permet au lieu où en plus de la production classique, de transformer des ressources en d’autres plus abouties. Par exemple votre scierie produit des planches de bois, nécessaires au tonnelier pour en fabriquer des tonneaux de plus grande valeur, etc etc …

Il est tout aussi important de savoir stocker ses précieuses ressources que de les investir dans des moyens de productions améliorés. Trouver l’équilibre donne tout son piment à ce jeu qui demande un minimum d’attention et d’organisation.

Vos cartes sont des bâtiments qui peuvent être utilisées pour « compenser » une ressource manquante lors d’une production par chaînage, ou même pour remplacer un assistant vous faisant défaut. Dans ce dernier cas, le coût est hélas souvent cher, bien qu’une amélioration de votre plateau vous permette de le diminuer.

À chaque nouvelle construction, vous posez une de vos maisons dans une ville du plateau de jeu afin d’en symboliser la création. Selon l’environnement de la ville, vous pouvez bénéficier de réduction sur le prix de construction, ou gagner des points de victoire, tout en essayant de remplir des objectifs cachés simples vous demandant de vous établir dans des villes à drapeau pointu, ou avec un losange, ou abritant un monolithe.

La partie construction sur la carte m’a semblé vraiment anecdotique dans l’ensemble de la mécanique du jeu, pourtant elle prend la plus grande place sur la table. J’ai également ressenti une certaine monotonie dans le concept de production et transformation de ressources. Dans l’essence, j’adore ce concept, cependant je le trouve trop limité par un faible nombre d’action en début de partie qui nécessite de sacrifier des tours de jeu afin de se payer ces 3èmes puis 4ème jetons d’action si salutaires. Je conçois que dans un jeu de gestion de ce type, le nombre d’action soit limité, cependant le nombre de tour me semble trop court en regard des possibilités des joueurs.

une partie touchant à sa fin. Les joueurs ont bâtit leurs usines de villes en villes

La partie scénarisée du jeu est également un point trop faiblement exploité à mon goût. Son seul attrait provient d’une installation des cartes Événement partiellement aléatoire et partiellement prédéfinie par le livre de règles, afin de les faire correspondre aux objectifs du scénario en cours.

Deux ou trois lignes en Intro et en outro ne suffisent pas à donner du corps à cette partie du jeu. Cependant passé le second scénario, de nouvelles mécaniques (que je tairai pour ne pas vous gâcher la surprise) commencent à faire leur apparition, mais peut être trop tard pour maintenir les joueurs en haleine.

Le Matériel et les Illustrations :

La boîte de taille standard surprendre par son poids, gage d’un remplissage certain !

En effet pas moins de 3 plateaux recto-versos sont mis à votre disposition pour accompagner les différents scénarios proposés par le mode campagne. Des jetons en bois en quantité, avec une innovation que l’on ne peut qu’applaudir : le concept minimaliste des ressources. Comme il n’y a pas d’or en jeu mais que des ressources différentes, des cubes génériques servent à indiquer le nombre de chaque denrée produite sur un bâtiment :

1 kubenbois = 1 myriade de possibilités !

Les plateaux joueurs et autres sont de très bonne qualité, bien robustes.

Les illustrations, comme je l’évoquais en introduction, sont typiques des vieux jeux allemands. Une certaine nostalgie du passé renait à la vue de ces illustrations d’un autre âge qui mériteraient un lifting plus contemporain. C’est un style qui peut plaire à certains mais qui à mon avis ne donne pas trop envie de s’intéresser à la boîte sur l’étal d’une boutique de jeu.

En Conclusion :

Bien que le plaisir de la découverte d’un nouveau jeu crée toujours une étincelle, je dois reconnaître que celle que j’ai ressenti sur Expédition à Newdale est encore quelque peu cachée dans les brumes de janvier. N’allez pas croire que je trouve le jeu mauvais, loin de là ! J’ai grand plaisir à progresser en découvrant les nouvelles mécaniques que l’on débloque, les personnages et leurs pouvoirs, et l’histoire, aussi infime soit elle. En fait le jeu imaginé sur de bonnes bases tiens bien ses promesses de gestion et de stratégie, cependant je trouve que d’autres jeux le font bien mieux que lui. Pour la partie gestion de ressources et stratégie, je pense immédiatement à Brass Lancashire ou même Agricola qui proposent plus de richesse et de complexité, alors que pour la partie « campagne », un jeu comme Paléo proposent une bien meilleure innovation en modifiant drastiquement votre deck d’aventure selon vos choix initiaux.

Je n’ai pas connu son prédécesseur, Oh My Goods! Mais je ne peux que supposer qu’à vouloir enrichir son jeu, l’auteur n’a pas réussi y mettre tout le panache et la surprise qui m’aurait chamboulé, comme d’autres jeux l’ont fait !

Je vous recommande de tenter l’expérience Newdale en ce début d’année si vous souhaitez entrer délicatement dans un jeu de gestion de ressources sans risquer d’interactions poussées avec les autres joueurs, en suivant des règles simples et abordables.

Retrouvez ce jeu sur Philibert.